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J'ai respiré par la peau du ventre
Pour Annabel, les questions centrales de cette œuvre sont les suivantes : « Quelle est ma danse aujourd’hui ? Comment m’approprier l’espace à travers mon corps – et à travers ma voix ? Comment ma voix stimule-t-elle mon corps, et inversement ? De plus, que disent les textes que j’ai écrits de 2010 à aujourd’hui ? Et comment vais-je leur donner une voix ? » Annabel, dans un voyage profondément spirituel et intime, explore les mondes tangibles et intangibles. À travers ses textes, elle affirme également sa propre autonomie d’expression. Cette pièce lui servira d’exutoire, une prière punk, une prière afro-punk. Annabel porte cette question en elle comme un fil conducteur, une boussole. Après des années de performances radicales et de recherches centrées sur le corps féminin, elle revient à l’essence de sa pratique : la danse comme acte de vie, comme espace d’écoute, comme espace de réinvention. Influencée par les enseignements d’Anna Halprin, Annabel aborde son corps dans sa globalité : physique, spirituelle et politique. Dans J’ai respiré par la peau du ventre, elle explore comment la voix peut devenir une extension du mouvement, comment le souffle traverse la chair, et comment le feu intérieur façonne la danse.
Cette résidence accueillie par le Santarcangelo Festival se clôturera avec une présentation publique et un débat avec la communauté locale de Santarcangelo di Romagna.
Crédits
Née en Nouvelle-Calédonie, Annabel Guérédrat fait le pont entre savoir académique et pratique incarnée. Formée à la littérature, à l’histoire, à la danse et aux pratiques somatiques, elle élabore un langage du mouvement ancré dans la mémoire, la résistance et les territoires des Caraïbes. Ses œuvres s’inscrivent dans les grandes scènes de la performance contemporaine en France, dans les Caraïbes et à l’international. Conçues pour des espaces exigeants — musées, festivals, scènes nationales, lieux alternatifs ou sites en plein air —, ses performances font appel au corps, à la mémoire, à la spiritualité, à l’écoféminisme radical et à l’engagement social.
Après s’être formé à Jazz à Tours puis au Pôle Sup’93 — sous la houlette d’Antoine Polin, Vincent Ségal et Julien Lourau — Raphaël Gautier a développé un style fortement influencé par le jazz, mais tout aussi imprégné de rock, de pop et d’autres genres plus expérimentaux. Au sein du duo Louise et Michel, deux fois finaliste du concours tremplin Jazz Migration (2022 et 2023), il explore un univers folk électrifié. Raphaël Gautier est basé à Paris, où on peut le voir se produire avec de jeunes groupes captivants, notamment nit and dogs (lauréat de Jazz Migration 2025), Solar is dead? et Bokovoy.
Annabel Guérédrat
Chorégraphie et interprétation Annabel Guérédrat
Guitariste Raphaël Gautier